De mannequin à Portraitiste de France : le parcours inspirant de Sandra Da Silva

Major de la promotion « Portraitiste de France 2025 », Sandra Da Silva revient sur son chemin singulier, de ses débuts inattendus derrière l’objectif à la reconnaissance de ses pairs. Dans cette interview, elle nous partage avec simplicité son parcours. Découvrez son témoignage.

Peux-tu te présenter et nous raconter comment tu as fait tes débuts dans la photographie ?

Je suis Sandra Da Silva, photographe à Paris. J’ai commencé la photo il y a environ six ans, presque par hasard. Avant j’étais mannequin, et je passais mon temps de l’autre côté de l’appareil. Un jour, lors d’un shooting, je me suis ennuyée et j’ai pris le boîtier du photographe pour essayer. Et là, ça a été une révélation : j’ai adoré. Sans jamais y avoir songé avant, je me suis découverte une vraie passion pour la photographie.

Quels types de reportages réalises-tu ?

Je suis spécialisée autour de la vie de la femme. J’accompagne mes clientes à différents moments de leur vie : la maternité, la naissance… puis plus tard des séances plus personnelles ou corporate. C’est une approche globale qui me permet de créer un lien durable avec elles, mais c’est aussi une porte d’entrée à d’autres opportunités : les maris de ces clientes peuvent avoir besoin d’un photographe pour leur entreprise, leurs copines faire un shooting grossesse etc… 

Je travaille beaucoup en studio, car c’est ma zone de confort. Mais j’ai la chance d’habiter à Paris, un terrain de jeu magnifique pour la photographie, il y a des décors à chaque coin de rue. C’est aussi super agréable de quitter le studio et d’aller créer à l’extérieur. Mes endroits préférés sont le musée du Louvre et l’hyper-centre de Paris. 

J’ai aussi développé une spécialisation en photographie underwater. J’ai eu la chance de signer un partenariat avec un hôtel qui me permet de disposer de créneaux dédiés à des shootings aquatiques. C’est une expérience très particulière, qui apporte à la fois une dimension artistique et une vraie parenthèse hors du temps, autant pour moi que pour mes clientes.

Comment qualifies-tu ton style de photographie ?

Mon style est inspiré de la mode éditoriale, je pense être influencée par mon passé de mannequin. Je cherche à donner à mes clientes l’impression de poser pour un magazine, mais en rendant cela accessible. L’idée est qu’elles se sentent belles, uniques, un peu comme des stars, tout en gardant un rendu sobre et sans fioritures.

Comment abordes-tu les séances avec tes clients ? Des astuces pour les mettre à l’aise ?

Je sais que c’est un exercice très compliqué de passer devant l’objectif, ce n’’est pas naturel. Les trois quarts des gens se disent : “je ne suis pas photogénique”, surtout les femmes, car nous sommes très dures avec nous même.

Donc mon astuce, c’est d’envoyer un questionnaire avant la séance pour apprendre à connaître le client. C’est aussi le moment où ils peuvent m’envoyer des photos d’inspiration, on ne fera pas de copié-collé mais ça permet de conjuguer leurs envies avec mon style. Je prépare un moodboard à partir de ça. 

Comme je suis très présente sur Instagram, mes clientes ont déjà l’impression de me connaître : elles ont vu mes stories, mon quotidien, et elles se sentent presque comme chez une copine. Le jour J, on commence toujours par un café et une discussion pour briser la glace. Ce face à face, ça permet de vivre ensemble un moment vrai, idéal pour mettre à l’aise avant la séance.

Pour la séance en elle-même, on part sur des poses très simples, et au besoin, je peux les aider en leur montrant en miroir. Parce que parfois, lorsqu’on leur dit “trois quarts à gauche”, ils ne comprennent pas. Montrer directement c’est plus facile.

Tu as obtenu le titre de “Portraitiste de France 2025” — Félicitations ! Qu’est-ce que ce concours représente pour toi, et pourquoi as-tu voulu y participer ? 

Avant même le concours, j’ai suivi la formation « Les Fondamentaux d’Andréa » organisée par la FFPMI, pour apprendre les bases de la photographie. Pour moi qui suis autodidacte, c’était incroyable de pouvoir apprendre auprès de photographes reconnus, dont certains sont Meilleurs Portraitistes de France. Le but de cette formation, c’est aussi de préparer au concours “Portraitistes de France”. Mais ça a aussi été très difficile : les cours techniques représentaient un vrai défi, et je me suis demandé plus d’une fois si j’avais ma place.

Je me souviens que dès le premier jour, j’ai failli abandonner. Je me suis dit : « Ce n’est pas pour moi, je n’ai pas le niveau. » Le soir, j’étais découragée. Mais le lendemain, j’ai décidé de changer de regard. Je suis aussi présidente de la FFPMI Île-de-France, et je ne pouvais pas dire aux autres qu’ils n’avaient pas leur place, en tant que présidente je ne peux pas incarner ce message. Alors je me suis dit : « Ce sera difficile, mais je vais donner le meilleur de moi-même, et surtout je vais m’amuser. »  Pendant un an, j’ai travaillé mes images en me concentrant sur l’authenticité, c’était ma ligne directrice. Certaines photos n’entraient pas parfaitement dans les critères techniques, mais elles me ressemblaient et j’en étais fière. Pour moi, c’était essentiel. 

Ce concours m’a surtout permis de grandir, de me challenger. J’ai appris beaucoup de choses, j’ai énormément progressé en technique. En tant qu’autodidacte, j’ai longtemps eu le syndrome de l’imposteur. Être reconnue par mes pairs m’a permis de prendre confiance en moi. Aujourd’hui, je me sens légitime pour dire « je suis photographe ». Ce titre m’a aussi ouvert des portes auxquelles je n’aurais jamais osé frapper auparavant. Plus qu’un concours, ça a été un vrai cheminement personnel et professionnel.

Tu es présidente de la FFPMI Île-de-France : qu’est-ce qui t’a donné envie de t’engager dans cette fonction, et qu’est-ce que cela t’apporte professionnellement ?

J’ai la chance d’avoir des copines photographes avec qui il n’y a pas de concurrence. On est toutes dans le même coin de Paris, on fait globalement la même chose avec chacune notre style. Quand on m’a proposé d’intégrer le bureau de la FFPMI, j’ai accepté, un peu sans savoir exactement quel rôle j’allais avoir. Au début, j’étais là surtout pour participer à l’animation et donner un coup de main.

Puis, quand la présidence s’est libérée, plusieurs personnes ont présenté leur vision, et c’est la mienne qui a été choisie. Mon idée, c’était simple : on est une équipe, on est une team, et on avance ensemble. Je ne me vois pas comme une présidente au-dessus des autres, mais plutôt comme une capitaine d’équipe, au même niveau qu’eux.

Ce qu’on fait en Île-de-France, c’est vraiment créer une communauté. On organise des formations, des masterclass, mais aussi des moments plus légers : des restos, des soirées, même du bowling. Ça permet de casser la solitude qu’on peut ressentir en tant que photographe, seul devant son ordi ou face à ses galères. Là, tu sais que tu peux en parler et que d’autres vont comprendre.

Sur notre groupe Facebook, dès que quelqu’un poste un problème, il y a tout de suite dix personnes pour répondre. On a cette chance d’être très soudés, et on essaie de garder cet esprit où chacun a sa place, sans concurrence. Et puis, en parallèle, ça me permet aussi de mieux voir les enjeux plus larges au niveau national, et de comprendre qu’il y a des choses qui ne dépendent pas de nous, mais pour lesquelles on peut quand même agir à notre échelle.

Tu proposes des séances sous l’eau — qu’est-ce qui t’a poussée à explorer ce format ? 

J’ai découvert la photo underwater après la naissance de mon fils. Je voulais quelque chose d’un peu différent et je suis tombée par hasard sur le travail d’une photographe spécialisée. Ça m’a vraiment intriguée.

Plus tard, j’ai suivi une formation avec Delphine Denans et je me suis lancée. Sous l’eau, tout change : les couleurs, les mouvements, la façon de communiquer avec le modèle. On prépare beaucoup à l’avance, puis une fois plongés, c’est une vraie parenthèse. Tout devient calme, on oublie le reste. C’est une expérience reposante, à la fois pour moi et pour mes modèles, et j’aime y apporter ma touche mode.

Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans ton activité aujourd’hui ?

Pour moi, c’est devenu essentiel pour se faire connaître et fidéliser. J’ai choisi Instagram parce que je m’y sens à l’aise, mais l’important est d’être présent quelque part. Les gens ont souvent l’impression que je partage toute ma vie, alors que ce n’est pas le cas. Mais cela crée une vraie proximité : comme je l’ai déjà dit, quand ils arrivent au studio, ils ont vraiment l’impression de venir chez une copine. 

Je montre mon quotidien et les coulisses de mon travail, et cela suffit à créer du lien. Certains clients me parlent même de mes enfants qu’ils n’ont jamais vus, simplement parce qu’ils connaissent leurs prénoms grâce à mes stories.

Instagram m’a aussi permis de rencontrer des influenceurs avec qui je collabore depuis plusieurs années. Ces shootings sont vus par des milliers de personnes et m’apportent directement de nouveaux clients. C’est ma façon de me faire connaître.

Est-ce que tu utilises l’intelligence artificielle dans ton travail ? Si oui, comment ?

Un peu, mais uniquement dans les logiciels que j’utilise pour retoucher ou trier mes photos. Je ne crée pas d’images avec l’IA, ce n’est pas quelque chose qui m’attire parce que je tiens à garder l’humain au cœur de mon travail. 

En revanche, pour la productivité, c’est un vrai gain de temps. L’IA me permet de retoucher plus vite et de me concentrer sur ce que j’aime le plus : être avec mes clients en séance photo. Passer des heures derrière un ordinateur n’est pas ce que je recherche, donc si la technologie m’aide à aller plus vite, je prends. Je pense que l’IA est un outil, comme peut l’être un marteau. Tout dépend de la manière dont on s’en sert. 

Qu’est-ce qui a le plus évolué dans ton métier depuis que tu t’es lancée ?

Depuis six ans, j’ai compris qu’être photographe, ce n’est pas seulement savoir prendre des photos. Aujourd’hui, il faut être aussi entrepreneur : communiquer, gérer un site, animer ses réseaux, faire sa comptabilité. La prise de vue ne représente qu’une petite partie de notre temps.

C’est aussi un métier où il faut sans cesse se former et s’adapter. Les attentes changent, le marché évolue, et il faut trouver sa place. Être talentueux ne suffit pas si personne ne sait que vous existez. J’ai vu des photographes très doués devoir fermer leur studio faute de communication ou de stratégie.

La plus grande évolution, c’est ça : on ne peut plus être « seulement » photographe. Il faut accepter toutes les facettes du métier, prendre parfois des risques et apprendre à se positionner pour durer.

Est-ce que tu te formes continuellement ?

Oui, je continue à me former tout le temps. C’est indispensable, même si ce n’est pas toujours simple, parce qu’il existe énormément de formations et qu’on trouve un peu de tout, du très bon comme du moins bon. J’essaie donc de choisir en fonction de mes envies et de mes besoins du moment.

Par exemple, j’ai suivi une formation sur les réseaux sociaux parce que je voulais progresser sur ce sujet. Bientôt, je vais en suivre une sur la lumière, et j’ai aussi participé à des stages sur le nouveau-né, mais pas seulement pour la photo : on y aborde l’hygiène, la sécurité, la psychologie des jeunes parents… Ce sont des aspects essentiels auxquels on ne pense pas toujours.

J’aime aussi aller voir des photographes qui ne font pas du tout la même chose que moi, comme des spécialistes du mariage ou des photographes étrangers. Même si ce n’est pas mon domaine, ça ouvre l’esprit et ça m’apporte beaucoup d’idées.

Comment tu entretiens ta créativité, ton envie de créer ?

Il y a des jours où l’inspiration ne vient pas, tout simplement parce que je suis fatiguée ou que j’ai trop de choses en tête. Dans ces moments-là, je repars de mes basiques, pour garder une cohérence dans mes photos, et je me laisse porter par l’énergie de la personne que je photographie.

Je pense qu’il faut surtout s’autoriser à tenter. Parfois ça marche, parfois non, mais l’essentiel est d’essayer. Depuis toujours, je crée des moodboards. Déjà petite, j’adorais découper des images et les assembler par couleurs ou par thèmes. Aujourd’hui encore, je passe des heures sur Pinterest, et ça me nourrit inconsciemment.

Je trouve aussi beaucoup d’inspiration dans ce que je regarde au quotidien. En ce moment, ce sont les séries coréennes : j’adore leur esthétique, les couleurs, la douceur des images. Mais ça peut venir de tout. Pour moi, la créativité, c’est avant tout garder une ouverture et un petit grain de folie qui permet d’oser.

Un conseil-clé pour un photographe voulant se lancer dans la photographie en studio ?

Mon premier conseil, c’est d’oser. Il faut sortir de sa zone de confort, parce que c’est là qu’on progresse vraiment. Si on reste dans son petit coin à se dire que c’est suffisant, on n’avance pas.

Évidemment, ça fait peur. Mais c’est comme un enfant qui fait sa rentrée : le premier jour, il est mort de trouille, puis il finit par dépasser cette peur. Dans la photo, c’est pareil. On ne joue pas notre vie, ce n’est pas une opération à cœur ouvert. Au pire, on rate… et on recommence.

Et puis je conseille aussi de ne pas rester seul. Rejoindre un réseau comme la FFPMI, par exemple, c’est précieux. Pas seulement pour l’aspect humain, mais aussi pour le côté pratique. On gagne un temps fou : on nous donne les bonnes infos dès le départ, que ce soit pour monter ses statuts, choisir une assurance, comprendre l’importance d’une protection juridique… Autant de choses qu’on ne peut pas forcément deviner tout seul et qui sont essentielles pour bien démarrer.

Comment as-tu connu Lumys Photo ? Une fonctionnalité préférée ?

J’ai découvert Lumys il y a six ans, lors de ma toute première formation sur le nouveau-né. Une formatrice m’en avait parlé à l’époque. Je suis rentrée chez moi, j’ai testé, et j’ai tout de suite adopté.

Ce que j’aime surtout, c’est la simplicité. Je ne suis pas une grande technicienne et pourtant je m’en sors très bien. Avec Lumys, tout est rapide et intuitif, et ça me fait gagner du temps.

C’est aussi important pour mes clients : l’expérience est fluide pour eux aussi, ils peuvent profiter de la galerie facilement. Pour moi, c’est vraiment ça la force de Lumys : être pratique à la fois pour le photographe et pour le client.

Découvrez le travail de Sandra Da Silva :

Instagram : https://www.instagram.com/studiosandradasilva/
https://www.instagram.com/sandradasilvaphotographe/

Facebook : https://www.facebook.com/13ordesandra

Site Internet : https://sandradasilva.fr/

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